1 mai
Depuis que nos plans de garde partagée sont tombés à l’eau (une longue histoire, un peu épique, dont le dénouement tragique s’est joué au moment où Lalo venait au monde), nous jonglons avec des modes de garde précaires.
J’ai dépensé 40 Euros au total pour déposer des annonces sur des sites qui vous promettent de vous mettre en relation avec la perle rare. Une promesse digne d’un site de rencontres et au final la tête qui tourne comme après une séance de speed dating, mais point de précieuse fée. Où se trouve Mary Poppins quand on a besoin d’elle ?
Nous avons même traqué les nounous dans les rayons du Monoprix local. Ayant espionné une conversation au rayon fruits et légumes entre une dame qui manifestait beaucoup d’intérêt pour notre progéniture et une autre qui était accompagnée d’un petit, ma copine Justine et moi-même avons compris que la première était « la » super nanny locale. Ni une ni deux, Justine décide d’engager la conversation à la première occasion et sur un ton badin, commence un « small talk » de circonstance à propos des enfants en général et de la naissance imminente du mien en particulier. Ayant remarqué le ventre rond de la nounou, elle lui lance un traditionnel « Et vous, c’est pour quand ? », la brave dame lui répond alors, sans s’offusquer le moins du monde « ah non, moi, je suis juste grosse ». Merci encore Justine pour ce fou rire. Je crois que je pourrais relater cette anecdote sur Viedem…e.net, non ?
Evidemment comme tous les jeunes parents, nous avons des rêves ambitieux pour Lalo et de grands idéaux. Nous avons envie de lui accorder du temps au poulet, le luxe suprême de notre époque pressée. Je compte bien l’allaiter exclusivement jusqu’à six mois ce qui implique de notre côté disponibilité, quelques sacrifices et une sérieuse organisation, mais remise au placard la perspective de la crèche jusqu’à ses six mois au moins. D’ailleurs, la crèche oui, mais quelle crèche ?
En dehors du fait que la procédure d’admission soumise aux aléas et à l’arbitraire municipal s’est révélée ardue, la crèche traditionnelle correspondait-elle au projet dont nous avions rêvé? Ayant été élevée à la méthode Freinet dans une école expérimentale au milieu des années 70, par des parents accros aux réunions FCPE, j’avais tendance à pousser pour plus d’implication de notre part dans le projet pédagogique et un cadre qui favoriserait l’autonomie, le sens du partage et la créativité du cher ange. Rien que ça.
C’est là que Justine a sauvé la mise. Ayant emmené son fils Quim (un petit bouddha de neuf mois au sourire dévastateur) au café avec elle, elle a rencontré deux mamans qui, charmées par le petit bonze, lui ont demandé si elle avait un mode de garde pour cette petite merveille. Elles faisaient partie d’une crèche parentale du quartier qui recrutait pour la rentrée prochaine. (Ce qui au passage en dit long sur la solidarité entre mères parisiennes. Merci encore Malika). Et voilà comment, renseignements pris, nous avons inscrit Lalo dans une crèche parentale géniale, la crèche QUI (Quel Univers Inventer ? Tout un programme). QUI existe depuis 25 ans et je n’ai pas fini de vous en parler.
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